Interview : Victor Dixen, auteur de Cogito et Extincta
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Interview : Victor Dixen, auteur de Cogito et Extincta

Hello ! Aujourd’hui je vous présente la toute première interview d’auteur que j’ai réalisée (vous n’imaginez pas comment je fangirl en cet instant précis) : cinq questions à Victor Dixen autour de Cogito et Extincta.

Pour retrouver mes chroniques des divers romans de Victor Dixen c’est par ici !

Question 1

Lisly : Commençons avec Cogito, le premier paru. Dans ce roman, on trouve diverses références culturelles mais aussi des grands noms de la science en général et de l’informatique en particulier, qui nomment les îles de l’archipel où se rend l’héroïne. Si vous deviez raconter l’histoire de l’un d’entre eux, lesquel choisiriez-vous et pourquoi ?

Victor Dixen : J’ai en effet choisi de nommer les îles Fortunées d’après des femmes et des hommes qui me semblent importants dans l’histoire de l’informatique et de la philosophie de la pensée, car c’est le cœur de cette histoire. Qu’est-ce que la conscience ? Est-ce que les machines pourront un jour penser comme nous – voire mieux que nous ???

Je me sens obligé de choisir deux noms, parce que l’histoire de ces deux personnages est passionnante, mais aussi parce que leur approche de la machine s’oppose totalement comme on le découvre dans le roman.

D’abord Ada Lovelace, une femme visionnaire en avance prodigieuse sur son temps. C’est la fille du grand poète romantique Byron, et elle a eu la formidable intuition d’imaginer dès le XIXème siècle ce que seraient les ordinateurs du futur. Morte jeune et ruinée, on a redécouvert son incroyable contribution récemment.

Ensuite Alan Turing, un autre visionnaire de génie qui a été clé pour décrypter le code secret des nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale, avant de poser les prémices de l’intelligence artificielle. Condamné à un traitement médical barbare parce qu’il était gay dans la société anglaise conservatrice d’après-guerre, il s’est vraisemblablement suicidé. Belle récompense pour avoir contribué à sauver des millions de vies, ça me révolte !

Note de la rédactrice : l’histoire veut qu’Alan Turing se soit suicidé en mangeant une pomme empoisonnée, ce qui serait d’ailleurs à l’origine du célèbre logo d’Apple qui ferait référence au papa de l’ordinateur… En tout cas si vous voulez en apprendre plus sur ce mathématicien, je vous conseille l’excellent film Imitation Game !

Ada et Alan, nous leur devons beaucoup, et j’espère leur avoir rendu hommage à mon échelle dans COGITO.

Question 2

Lisly : Toujours dans Cogito, chaque chapitre comporte au début un labyrinthe avec des lettres qui révèlent… Des noms de contes ! D’où vous est venue l’idée des labyrinthes et pourquoi les contes ?

Victor Dixen : Je voulais avoir un bonus caché dans les pages de COGITO, un peu comme ces niveaux cachés dans les jeux vidéo. Ça me semblait une chouette idée pour un roman qui parle d’informatique !

L’idée des contes est venue tout naturellement, car je raffole des contes de fées (celles et ceux qui ont lu mes deux premières séries, LE CAS JACK SPARK et ANIMALE, le savent).

Ainsi dans COGITO, chaque labyrinthe cache le nom d’un conte qui donne un indice crucial sur ce qui va se passer dans les pages à venir.

Question 3

Lisly : Dans Extincta, tous les personnages sont tatoués avec un animal qui s’est éteint, et portent leurs noms. Mais ce ne sont pas les premiers personnages que vous créez à être tatoués… Pourquoi le tatouage au juste ?

Victor Dixen : Ecrire, c’est mettre des mots sur une page blanche.

Tatouer, c’est mettre des signes sur une peau nue.

Les deux démarches se ressemblent finalement, j’aime l’idée que nos vies peuvent être écrites sur nos peaux, mais aussi nos rêves, nos aspirations, nos espérances. Ainsi, Marcus de PHOBOS a gravé sur sa peau les maximes de son incroyable philosophie de vie. Astréa et Océrian, eux, n’ont pas choisi les animaux tatoués sur leur peau lorsqu’ils étaient enfants. Peuvent-ils échapper à ce déterminisme et devenir, peut-être, autre chose ? C’est une des questions que je pose dans le roman.

Question 4

Lisly : Toujours dans Extincta, vous avez fait des choix de vocabulaire étonnants et intéressants, comme appeller l’habit des personnages un « linceul ». Comment vous est venue cette idée ?

Victor Dixen : La société des Derniers Hommes est un monde de repentance permanente. Presque tous les animaux sont morts. La Terre est à bout de souffle. Et tout ça à cause des péchés écologiques des hommes du passé, qu’il faut expier. Le terme de « linceul » s’est imposé naturellement pour décrire la toge des Derniers Hommes. C’est une métaphore, oui, mais c’est aussi à prendre au sens propre : lorsqu’ils meurent, ils sont directement enterrés dans leur habit – ou plutôt devrais-je dire « humusés », puisqu’ils retournent à la Terre pour la nourrir.

L’humusage est d’ailleurs un nouveau mode d’enterrement écologique qui commence à être à la mode de nos jours, notamment en Allemagne – un pays qui a souvent été en avance en matière d’écologie !

Question 5

Lisly : Extincta et Cogito offrent deux visions du futur basées chacun sur un fait actuel. Sont ils deux romans complètement différents pensés comme deux alternatives ou au contraire se déroulent-ils dans le même univers ?

Victor Dixen : PHOBOS, COGITO et EXTINCTA sont des histoires indépendantes, mais qui se situent dans un même univers : le nôtre. Avec des projections de plus en plus lointaines. PHOBOS parle de notre société de l’image et se situe dans un futur très proche. COGITO aborde la robotisation à moyen terme, disons dans 40-50 ans. Pour EXTINCTA, j’ai dû me projeter bien plus loin, dans plusieurs siècles, pour imaginer l’effondrement écologique possible si nous ne changeons rien aujourd’hui…

Heureusement, il est encore temps d’éviter ce scénario catastrophe ! Je crois fermement que la faculté humaine d’imaginer le pire est une arme pour réagir, pour changer le présent et le futur.

C’est à ça aussi que sert la littérature et la science-fiction !

Merci à Victor Dixen d’avoir répondu à ces quelques questions !

Vous avez lu certains de ses romans ? Si oui, lesquels ?

Cogito de Victor Dixen
Extincta de Victor Dixen

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