Everless de Sara Holland
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Everless de Sara Holland

Merci à Page Turners Romans pour l’envoi de ce roman.

Hello ! Aujourd’hui on se retrouve pour parler du premier tome d’une duologie plutôt originale : Everless de Sara Holland.

Bien que le concept du sang lié au temps existe déjà et ait déjà été exploré en littérature, je n’ai pour ma part pas lu tant de romans qui l’exploitent et j’ai trouvé ce roman plutôt original, d’autant plus que le sujet est bien traité. En bref, un petit coup de cœur qui mérite que je revienne dessus dans cette chronique.

Le résumé

Julie vit dans la misère avec son père. Pour pouvoir payer ses dettes, celui-ci va consulter l’extracteur de temps. Car au royaume de Sempera, tout se paie en temps. On peut en effet transformer en métal précieux le temps de vie contenu dans le sang…

Pour éviter que son père, déjà très affaibli, se condamne en procédant à une nouvelle saignée, Julie se fait engager comme domestique à Everless, la résidence des Gerling, la famille la plus puissante du royaume. On va y célébrer les noces de Roan, le fils cadet de la famille, avec la fille adoptive de la reine. Cette dernière est agée de plusieurs centaines d’années grâce à ses richesses (la monnaie créée à partir du sang peut aussi se consommer pour allonger la vie…)

Or, Julie est depuis toujours secrètement amoureuse de Roan. Car elle a vécu à Everless dans son enfance. Mais suite à un tragique accident, son père et elle ont dû s’enfuir. Et son père lui a toujours interdit de retourner à Everless…

~ Retour sur cette lecture ~

Le postulat de base

Je l’ai déjà évoqué dans mon introduction : le postulat de base d’Everless est sa véritable force. Cette idée du sang lié au temps est originale, et l’auteure parvient à en faire un système aussi cruel que fascinant. On sent bien que la construction de l’univers est réfléchie, surtout dans sa mythologie.

D’ailleurs, on note aussi la différence de niveau de vie entre les paysans du village où vivent Julie et son père et les Gerling. L’auteur insiste sur les conséquences de ce système : alors que les plus pauvres meurent jeunes, tués par leurs dettes, certains nobles parviennent à vivre l’équivalent de plusieurs vies grâce à leur richesse. Ce n’est pas seulement l’argent qui est inégalement réparti, mais aussi le temps de vie de chacun qui, s’il est égal à la naissance, change vite selon l’origine sociale.

Une héroïne pas très dégourdie

Le titre l’indique : je n’ai pas franchement apprécié Julie. Disons qu’elle a tendance à bloquer sur les mêmes pensées et est tout de même plutôt égoïste. Ce qui n’est pas trop gênant au début, mais après un ou deux évènements, on aimerait bien qu’elle passe à la suite.

Il y a quelques belles surprises dans l’histoire mais l’héroïne mais toujours un bon moment à comprendre ce qui se passe, et on se retrouve à lever les yeux au ciel en attendant qu’elle finisse par assembler (tardivement) tous les morceaux du puzzle.

Les autres personnages sont malheureusement eux aussi pas très difficiles à percer à jour (sauf peut-être une, et encore…) et Sara Holland rassemble dans son roman des grands classiques : le méchant-qui-en-fait-est-gentil, le beau gosse de service, la gentille figure maternelle… En bref, la mise en place de figures fortes et originales n’est pas le point fort de ce roman. Heureusement, il en a d’autres…

Une histoire liée à une légende

Dans Everless, l’intrigue se base elle-même sur une autre histoire, celle d’une légende qui est à l’origine du lien entre le sang et le temps. La légende en elle-même est vraiment jolie (et n’est pas sans rappeler le Chant des Ronces dans le style) et la façon dont l’auteure la lie au « présent » du roman est top !

« Je reviens aux premières pages pour lire les contes, mais tandis que je parcours les lignes – toujours tracées de la belle écriture d’Antonia Ivera –, l’encre semble se déverser du papier et s’élever telle une brume autour de moi. L’obscurité inonde ma vue. Je ne peux pas déterminer à quel moment la réalité a cédé la place aux songes, mais je sais à quoi m’attendre depuis mon expérience chez la divinatrice et, bien que j’aie peur, je me force à ne pas lutter. Je reste immobile, l’esprit ouvert, et laisse les visions – les souvenirs – m’envahir. »

Sara Holland, Everless

Everless gagne en intérêt grâce à ce lien, qui apporte aussi du mystère et de l’aventure au récit. On comprend peu à peu que la légende de cette univers n’en est pas vraiment une, et Julie cherche à faire la lumière sur ce qui s’est véritablement au tout début, lorsque le temps a été lié au sang.

Une quête de vérité

On apprend très rapidement dans le roman que le père de l’héroïne n’est pas son père biologique, et le roman tourne rapidement en quête afin d’en savoir davantage. De ce côté du récit, on rencontre plus de surprises et d’actions. L’instant où Julie décide de se lancer dans cette quête marque à mes yeux un tournant dans le récit. On sent que l’introduction de l’univers est finie et qu’on rentre dans le vif du sujet. La quête passe aussi au-devant de la romance qui s’estompe peu à peu, ce qu’on ne peut qu’apprécier étant donné que celle-ci est

En conclusion

Un roman chouette qui malgré quelques légers défauts parvient à nous entraîner dans son univers original. Sans être le meilleur roman fantastique de la décennie, c’est une lecture agréable et inédite que je vous recommande !

Pour aller plus loin, découvrez ma chronique du tome 2 : Evermore

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