Ceux qu’il nous faut retrouver, une dystopie magistrale
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Ceux qu’il nous faut retrouver, une dystopie magistrale

Merci aux éditions Lumen pour l’envoi de ce roman.

Hello ! Aujourd’hui je vous propose la chronique d’une sortie des éditions Lumen qui, je le sens, va beaucoup faire parler d’elle : Ceux qu’il nous faut retrouver de Joan He.

Ce roman est l’un des plus complexes que j’ai pu lire récemment, tant dans son histoire que dans sa réflexion sur certains sujets. A la fois dystopie et roman de science-fiction, Ceux qu’il nous faut retrouver relate l’humanité dans ses derniers instants, à la recherche d’une solution désespérée, et de deux sœurs qui se sont perdues au sein de la tourmente.

Le roman peut se targuer de contenir non pas un mais deux plot twists magistraux, aussi surprenants et retentissants l’un que l’autre. A la façon dont ils changent profondément l’intrigue, je vais vous proposer une chronique articulée d’une façon un peu spéciale. Les premiers points seront sans spoilers, avec quelques bonnes raisons de découvrir le roman. Ensuite, un texte en rouge indiquera l’arrivée de la partie avec spoilers dans laquelle je donnerai mon impression sur le roman après ces plot twists, et parlerai plus en détail des sujets qu’il aborde. Si vous ne l’avez pas lu, vous pouvez donc vous en tenir à la première partie ou en savoir plus grâce à la deuxième, mais attention aux risques de vous voir gâcher la lecture de ce chef d’œuvre !

Le résumé

Les dominos sont en place depuis des siècles déjà… Un tremblement de terre et ils vont tous tomber.

Piégée sur une île déserte depuis trois ans avec pour seule compagnie une petite androïde, Cee ne se rappelle plus rien de sa vie d’avant. Rien… si ce n’est qu’elle a une sœur qui l’attend là-bas, quelque part de l’autre côté de l’océan. Elle le sent dans la moelle de ses os : il lui faut à tout prix échapper à cette île pour aller la retrouver. Mais comment ?

Un monde plus loin, Kasey Mizuhara vit dans une cité dans les nuages, conçue pour protéger l’humanité des désastres naturels qui se succèdent sur terre. Fille des deux fondateurs de la ville flottante, elle pleure la disparition de sa sœur Celia, adorée de tous, fascinée par le monde extérieur, qui a pris trois mois plus tôt un bateau et mis le cap vers le large, sans plus jamais donner signe de vie. Mais soudain, un matin, la présence de Celia est repérée quelque part en ville. Kasey s’enfonce dans les entrailles du monstre, bien décidée à percer les secrets de son aînée – il faut dire qu’elle n’en manquait pas – pour pouvoir enfin la serrer de nouveau dans ses bras.

~ Retour sur cette lecture ~

Quelques bonnes raisons (sans spoilers) de lire Ceux qu’il nous faut retrouver

Un rythme entraînant

Tout au long du roman, les chapitre permettent d’alterner entre la situation de Cee (naufragée, ayant perdu une partie de ses souvenirs mais décidée à retrouver Kasey) et celle de Kasey, refusant la mort de son aînée et parcourant la cité à la recherche d’une piste pour la retrouver.

L’alternance des points de vue est très bien dosée, avec juste une pointe de frustration pour nous pousser à continuer le roman et à ne pas le lâcher jusqu’à la toute fin. Cependant il y a une petite particularité que j’ai trouvée extrêmement déstabilisante : si les chapitres de Cee sont écrits à la première personne, ceux de Kasey le sont du point de vue d’un observateur externe… Une bizarrerie qui contribue à nous mettre la puce à l’oreille quant au fait que le récit n’est peut-être pas aussi simple que ce que le résumé et les premiers chapitres sous-entendent.

Ceux qu’il nous faut retrouver, fanart par Laya Rose Art

Fanart par Laya Rose Art

Un futur bien pensé

L’univers décrit par l’auteure, mélange de science-fiction et d’apocalyptique, est à la fois simple et bien pensé. On à des habitants qui vivent dans des éco-cités, des villes flottantes au-dessus de la mer organisées en étages (des « strates ») au sein desquelles les personnes se déplacent généralement sous forme holographique et qui se veulent les plus écologiques possible : c’est là où vit Kasey.

Seulement, il y a aussi toute une partie de la population qui vit encore sur les continents, rendus dangereux par les séismes et tsunamis, mais qui à cause de l’empreinte écologique de leurs ancêtre n’arrivent pas à obtenir une place au sein des éco-cités.

Donc à la fois une idée originale d’un point de vue de la conception des villes, mais aussi pertinente par rapport aux inégalités toujours plus fortes dans cette société futuriste qui saura sans aucun doute vous séduire !

Un roman qui fait réfléchir

A la fois sur l’écologie, les inégalités, la virtualisation de la société et les robots, Ceux qu’il nous faut retrouver propose une histoire enrichissante qui nous permet de réfléchir, de nous poser des questions sur cet avis lointain. Les aventure de Cee et Kasey sont tellement bien relatées et percutantes que je peux vous garantir que vous ne ressortirez pas indemne de cette lecture !

ATTENTION : à partir d’ici, cette chronique contient des spoilers sur le roman dont il est question

Mon avis (avec spoilers) sur Ceux qu’il nous faut retrouver

Où commence l’humanité ?

A partir du moment où on comprend que Cee n’est pas la véritable Celia mais une androïde conçue par Kasey avec les souvenirs de son aînée, plein de questions surgissent. Cee n’a pas conscience d’être une androïde et éprouve même des envies et surtout pense par elle-même, comme un véritable être humain. En fait, elle paraît même plus humaine que sa créatrice aux réactions décalées qui a du mal à appréhender ses semblables…

Bien que le concept d’une intelligence artificielle passant le test de Turing (qui est un test permettant de différencier l’humain de la machine) relève totalement de la fiction, je trouve que la mise en œuvre dans celle-ci est tout à fait bien pensée et percutante et c’est à mes yeux le meilleur plot twist du roman !

La rage d’Actinium

Le troisième personnage fort du livre a su me surprendre. Lorsque l’on découvre en même temps que Kasey qu’Actinium est en fait l’un des personnages centraux de leur histoire, censé être mort il y a longtemps, j’ai été bluffée. Mais au-delà du personnage, c’est ce qu’il représente qui le rend si intéressant. L’idée de ce garçon qui a perdu foi en l’humanité suite à la mort de ses parents, au point de souhaiter son extinction entière, apporte une part très sombre au roman.

Une fin très floue

C’est peut-être la chose que j’ai la moins aimée dans ce roman : finalement la fin de Ceux qu’il nous faut retrouver reste très ouverte, l’auteure nous laissant le soin d’imaginer la suite. J’ai trouvé cela un peu frustrant et j’aurais aimé une conclusion plus nette, surtout pour la ligne narrative de Cee.

En conclusion

Une excellente lecture, à la fois marquante et pleine de réflexion à travers son intrigue complexe. Ceux qu’il nous faut retrouver est sans nul doute l’une des meilleures parutions du mois, et un must-read pour les fans de dystopie et de science-fiction.

Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

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