Mirror mirror : un roman peu convaincant
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Mirror mirror : un roman peu convaincant

Merci aux éditions Hachette de m’avoir permis de lire ce titre.

ATTENTION : cette chronique contient de nombreux (gros) spoilers sur le livre dont il est question !

J’ai mis un bon moment à écrire cet article. Déjà parce que j’avais commencé Mirror Mirror avec un a priori très négatif. Parce que quand je vois que le nom de l’auteur est plus grand que le titre du roman, je me méfie. Evidemment, quand le nom en question c’est Stephen King ou Maxime Chattam on peut considérer ça comme un gage de qualité. Par contre Cara Delevigne (mannequin et actrice) c’est surtout un gage de « vas-y ça fera marketing pour ses fans ». De plus, le principe du ghostwriter n’est pas vraiment ma tasse de thé et sans avoir les détails de l’écriture, je doute qu’elle ait pondu la plupart des lignes du roman (ce que suggère pourtant la taille de la police utilisée).

Et alors pourquoi j’ai quand même sollicité ce livre en SP ? A vrai dire, le résumé m’intriguait et comme il y avait un deuxième nom sur la couverture, je me suis dit que la star avait peut-être été encadrée par quelqu’un de compétent voire talentueux. Donc j’ai quand même tenté ma chance.

Le résumé :

« Red a une mère alcoolique et un père absent.

Le frère de Leo l’entraîne sur une pente sombre et violente.

Rose se réfugie dans les bras des garçons et dans l’alcool pour noyer ses mauvais souvenirs.

Naomi fugue à la recherche d’une liberté qui lui échappe.

Ils sont seuls contre le monde… Jusqu’au jour où ils se réunissent pour former un groupe. Avec Mirror Mirror, ils peuvent enfin être eux-mêmes.

C’est alors que Naomi disparaît. On la retrouve des semaines plus tard, au bord de la mort, dans la Tamise. La police pense à une tentative de suicide. Ses amis sont dévastés. Comment ont-ils pu ne pas remarquer qu’elle allait si mal ? Connaissaient-ils vraiment Naomi ? Se connaissent-ils vraiment ?

Bientôt, une série d’indices sème le doute. La réponse n’est peut-être pas celle que l’on croit. Sur le chemin de la vérité, Red, Leo et Rose devront affronter leurs propres peurs et leurs propres secrets. À présent, rien ne sera jamais plus pareil : nul ne peut réparer un miroir brisé. »

La première partie du roman

Le début n’était pas agréable à lire. Incipit in medias res mais mal amené, vulgarité et pathétique à souhait. Un cocktail décourageant, mais je n’aime pas abandonner un livre et j’ai continué. J’en suis ravie.

Par contre tout ce qu’on découvre ici est navrant : les membres de la bande composent avec leurs propres situations toutes très difficiles mais abordées aussi lourdement que se peut avec un maximum de clichés. J’ai immédiatement regretté la sensibilité et la plume de John Green and co, assommée par un vocabulaire beaucoup trop pauvre. La façon de s’exprimer de Red est juste insupportable, j’ai eu envie de l’assommer avec un dictionnaire histoire qu’il rencontre enfin la langue française. Je n’ose même pas imaginer la VO qui doit être facile à lire vu qu’un mot sur deux est « fuck »

En bref, pas convaincant et même décourageant, j’avais commencé à écrire une chronique du style Ash Princess histoire de dire tout ce que j’en pensais et de souligner qu’il y a bien mieux à lire que ce ratage monumental.

La deuxième partie

Le plot twist qui survient environ au milieu du livre, lorsqu’on apprend que Red est une fille, est véritablement parfait. Chaque incohérence s’explique, j’avais l’impression qu’à ce moment-là l’histoire prenait tout son sens ! Je ne m’attendais pas à une révélation de ce genre (je n’attendais plus de révélation du tout en fait…) et j’ai été plus que soulagée de voir Mirror Mirror prendre enfin un tour intéressant. L’histoire devient plus forte avec un vrai suspense, des indices et une enquête passionnante, en bref les ingrédients d’un bon livre. Red se révèle peu à peu et on ne peut qu’apprécier Ashira.

Les personnages

Ils sont tous brièvement présentés dans le résumé mais je voulais revenir dessus. Comme expliqué précédemment, tous subissent une situation difficile malheureusement abordée sans légèreté et sous forme de clichés ambulants. Si j’ai réussi à apprécier à peu près Red dans la deuxième partie, Léo et Rose je n’ai pas pu m’y faire. Léo est gentil mais tout de même assez plat comme mec, il n’existe pas beaucoup en dehors de ses problèmes avec son frère. Quant à Rose, même si sa backstory nous pousse à compatir, je l’ai trouvé enfantine et capricieuse (même pour une collégienne), insupportable. Et Naomi est tout de même très glorifiée, comme si elle avait été parfaite avant de se retrouver sur un lit d’hôpital (alors qu’on comprend qu’elle s’attirait pas mal de problèmes).

Red est intéressante, surtout lorsqu’elle laisse tomber sa vulgarité et son verlan pour nous offrir de jolies réflexions sur l’identité.

L’enquête

Lorsque celle-ci cesse de battre de l’aile au profit des problèmes des ados, elle devient véritablement intéressante. Le réseau mis à jour par Ash et Red est aussi inattendu que glaçant. L’histoire de ce qui est arrivé à Naomi est bien construite, on voit qu’il y a eu une réflexion derrière. Quant à démasquer son agresseur, même si la mise en scène est un peu too much on jubile de le voir se faire coincer publiquement. Les sujets abordés (pédophile, enlèvement et séquestration) sont beaucoup mieux traités que les autre problèmes de la bande.

Pour moi le point négatif est le happy ending tout-est-parfait, à la fin d’une histoire comme celle-ci c’est juste non. Ça n’apporte rien.

En conclusion

Mirror Mirror concentre toute la misère du monde dans une histoire pour ados pas franchement bien menée. Trop de sujets trop mal abordés, une pauvreté lexicale navrante et un manque de profondeur des personnages. Un roman dont la première partie très moyenne fera lâcher prise à beaucoup mais dont la suite relève largement le niveau sans pour autant convaincre totalement. A vous maintenant de vous faire votre avis !

Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

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