Marche ta peine de Maryvonne Rippert
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Marche ta peine de Maryvonne Rippert

Merci à Page Turners pour l’envoi de ce roman.

Hello ! Aujourd’hui je vous propose la chronique du roman Marche ta peine de Maryvonne Rippert.

Le parti pris de l’auteure pour cette histoire est vraiment intéressant : écrire le chemin d’un harceleur qui grâce à une association, va échapper à une peine ferme mais également réaliser ce qu’il a fait.

Malheureusement, malgré ce parti pris intéressant je n’ai pas réellement accroché à l’histoire, pour quelques raisons que je vais expliquer dans la suite de cette chronique.

Néanmoins, le roman reste une excellente idée et je vous invite comme toujours à vous faire votre propre avis sur ce récit.

Le résumé

Ulis est beau, charmeur, charmant. Il plaît aux filles et est très populaire au collège. Enfin… il était. Car, depuis ce qui est arrivé à Noah, tout le monde le déteste.

Pour échapper au centre de détention pour mineurs, Ulis doit participer au programme « Marche ta peine » : deux mois de randonnée à travers la France, au côté d’André, un homme bourru et taiseux, qui a remplacé à la dernière minute l’éducateur qui devait l’accompagner. Deux mois pour que le garçon réfléchisse à ce qu’il a fait. Car Ulis ne comprend pas ce qu’on lui reproche : après tout, ce n’est pas lui qui a poussé ce boloss de Noah par la fenêtre ! Il n’y est pour rien s’il a voulu se suicider !

Pas après pas, étape après étape, Ulis remplit le journal que la juge lui demandé de tenir et revient sur son histoire, sur ses souvenirs.Pas après pas, étape après étape, Ulis apprend à connaître André, un homme mystérieux, qui lui fait rencontrer des gens de son passé : Dédé dans sa tente de SDF, Margareth dans son immense demeure… Tous ont la même photo de groupe, datant d’une autre époque. Tous semblent partager le même secret.

Et si ce secret porté par André permettait à Ulis d’avoir une autre lecture de sa propre histoire ? Et si, à force d’avancer dans son voyage, le garçon finissait par avancer dans sa tête ?

~ Retour sur cette lecture ~

Ulis, le héros

Un personnage insensible

Ulis semble vivre dans un autre monde tant il tient tout à distance : les gens (qu’il méprise, ou au minimum juge), ses sentiments, son passé…Je l’ai tout simplement détesté au début : de la façon dont il objectifie les filles à son attitude de petit tyran en passant par son détachement, tout le rend antipathique.Bien sûr, c’est le but du roman de présenter un harceleur qui n’a aucune conscience de la gravité de ses actes et de le faire évoluer, mais ça rend le début pas forcément agréable à lire.

Sa façon de s’exprimer

Peut-être est-ce moi qui manque de vocabulaire (je ne l’exclus pas) mais je ne savais pas ce qu’était une gentilhommière (c’est un petit château de campagne pour ceux qui comme moi l’ignoraient).

Autant j’adore découvrir du vocabulaire nouveau dans les livres, autant j’ai été surprise qu’Ulis connaisse ce mot. Et ce n’est pas que ça : de façon générale, le héros du roman s’exprime avec un vocabulaire un style qui jurent complètement avec son histoire et ses origines sociales. Le résultat est donc, je trouve, moins crédible…

D’ailleurs, j’ai eu beaucoup de mal à situer le roman dans le temps car si Ulis a un téléphone (que j’ai supposé, peut-être à tort, être un smartphone), il sait aussi se servir d’un clavier T9. J’aurais donc tendance à dire qu’il est de ma génération (les gens qui ont eu des T9 au collège et ont vu les smartphones arriver au lycée) sauf qu’il est en troisième et explique avoir un smartphone depuis un moment. Il y a aussi le réseau social qu’il utilise (kikoobook) qui semble inspiré de Facebook mais sans l’être vraiment. Bref, je trouve bizarre de ne pas avoir ancré le roman dans le temps sachant qu’il le sera de toute façon (parce que pour avoir fait l’expérience, si vous donnez un téléphone avec un clavier T9 à un élève de troisième aujourd’hui il le regardera comme si c’était un Minitel).

Le travail d’André

Le personnage du roman qu’a l’opposé j’admire, c’est André. Il a traversé de rudes épreuves et en est ressorti avec encore davantage de bienveillance. Il fait preuve de trésors de patience envers Ulis, l’aide à s’ouvrir au monde et à prendre conscience de son propre comportement.Je ne veux pas en dire trop pour ne pas vous gâcher les belles surprises autour de lui que l’on découvre dans Marche ta peine mais c’est sans aucun doute mon personnage favori du roman.

En conclusion

Un sujet intéressant et bien pensé, mais un personnage principal auquel on a du mal à s’attacher et une écriture qui jure avec le point de vue interne proposé. Je souhaite néanmoins a ce roman qui peut sensbiliser aux enjeux du harcèlement de trouver sa cible ! Et comme toujours, je vous encourage à vous faire votre propre avis !

Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

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2 commentaires

  • Rita

    Bonjour, je suis l’autrice de ce roman et je vous remercie pour votre lecture. Un truc m’interpelle: où avez-vous vu qu’il utilisait un smartphone? Celui-ci lui a été confisqué dès le début du roman. Il utilise ensuite un téléphone jetable (https://www.echosdunet.net/dossiers/telephone-jetable).
    Par ailleurs, en ce qui concerne la façon de parler d’Ulis, il faut vous reporter à la fin du roman… Ce n’est pas lui qui raconte ;). Enfin, pour tout vous dire, c’est un parti-pris. Un roman n’est pas forcément hyper réaliste, et j’ai rencontré des ados qui s’exprimaient aussi bien qu’Ulis, qui, en quelques semaines de lecture à voix haute de « romans de vieux » et de confrontation avec son guide s’en trouve transformé.
    Par ailleurs, une dernière chose: vous ne pouvez pas imaginer à quel point un bouquin se périme vite quand on parle d’informatique ou d’internet. (et les délais de publication sont loooooongs) C’est pour cela que l’on est obligé de ne pas coller de trop près à la réalité des réseaux sociaux, ni au vocabulaire spécifique de l’argot adolescent: certaines expressions sont si volatiles qu’elles paraissent ringardes au bout de six mois… et ces expressions changent d’une région à l’autre!
    Voilà, veuillez m’excuser d’avoir donné ces quelques explications, mais je pense que si vous aimez lire, vous serez sans doute interressée par les « problèmes  » posés par le réalisme dans la littérature ado… MR

    • Lisly Mariann

      Bonjour Madame,
      Tout d’abord, je vous remercie sincèrement d’avoir pris le temps de lire ma chronique et de vos explications sur les points que j’ai soulevés.

      J’ai supposé (à tort, du coup) que le téléphone d’Ulis (celui qui lui est confisqué au début) était un smartphone car j’ai eu le réflexe de l’ancrer dans le présent, et que le fait qu’il utilise une tablette pour ses devoirs poussait d’ailleurs dans ce sens. Je m’excuse de cette erreur et ait édité ma chronique en conséquence.

      Concernant le vocabulaire d’Ulis, j’entends votre explication et vous remercie pour celle-ci.

      Quant au souci des réseaux sociaux… Je réalise tout à fait que cela accentue la « péremption » du roman, mais je préfère dans ce cas la mention d’un réseau social anonyme (qui permet au lecteur d’imaginer celui de son choix) qu’un nom inventé qui a mes yeux nous rappelle que le roman est une fiction. Mais c’est évidemment un avis très subjectif 😅

      Encore merci pour votre commentaire, que j’epingle immédiatement pour que les personnes lisant la chronique puissent le lire aussi facilement !

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