Le destin des sœurs Saint-Clair de Marie L. Morroch
chroniques

Le destin des sœurs Saint-Clair de Marie L. Morroch

Merci aux éditions Rageot pour l’envoi de ce roman.

Hello ! Aujourd’hui on se retrouve pour la chronique d’un roman mêlant bals, bonne société et steampunk : Le destin des sœurs Saint-Clair de Marie L. Morroch.

Avec un joli combo romance/mystères et suspens, le roman nous transporte dans un Paris où le Second empire s’est prolongé et où les fées existent. A défaut d’électricité, la société carbure à l’éther et les inventions sont nombreuses, bien qu’instables.

J’ai apprécié cette lecture originale et son Paris si charmant, un bel exemple de fantasy à la française comme on les aime. L’équilibre entre la romance et tout le côté « Bridgerton » (you know what I mean) et l’aspect plus steampunk et enquête est idéal, l’autrice livrant ici un chouette one shot young adult.

Je dirais que Le destin des sœurs Saint-Clair séduira les lecteurices à la recherche d’une fantasy assez légère et originale, avec une petite inspiration historique bienvenue !

Le résumé

Printemps 1882. Les jumelles Eugénie et Constance de Saint-Clair arrivent à Paris pour leur deuxième saison. Eugénie, passionnée par les pouvoirs de l’éther, cherche un mécène pour financer ses inventions tandis que Constance fait profil bas dans l’espoir de trouver un bon parti à épouser après ses déconvenues de l’année précédente. Mais l’une et l’autre sont vite entraînées dans les intrigues de la capitale où la place prise par les fées divise l’aristocratie.

Eugénie réussira-t-elle à intégrer le cercle des Sœurs du secret ? Et Constance peut-elle se fier au mystérieux capitaine de Rouvroy après qu’il l’a exposée à un danger mortel ?

~ Retour sur cette lecture ~

Saison et bals

Filles d’un petit noble et d’une femme considérée comme parvenue car non titrée, bien que fortunée, Constance et Eugénie font face à la pression parentale pour réaliser de beaux mariages. Si Constance s’en soucie, à la suite d’un échec la saison précédente qui en a fait la cible des cancans, Eugénie est bien décidée à en profiter pour autre chose (bricoler, travailler, se trouver un mécène pour ses recherches).

J’ai aimé la différence de caractères des deux sœurs, dont on découvre peu à peu qu’elle n’est pas tant marquée et que si elles se sont éloignées, elles pourraient redevenir proches. Les jumelles sont intelligentes, pleines de réparties et agréables à suivre ! Ayant une alternance entre leurs points de vue, on a l’occasion d’explorer les pensées des deux ce qui est top.

Le côté romance, bien que très présent du côté de Constance, n’écrase pas le reste et même si les jeunes filles gardent (ou pas d’ailleurs) les convenances à l’esprit, on reste loin d’une romantasy où elle serait au cœur de l’histoire. L’aspect secondaire de la romance m’a parfaitement convenu pour ma part !

L’éther, les fées et la politique

Dans ce Paris uchronique de 1882, l’éther est au centre de tout et la France s’apprête à signer un traité avec les Fées. Cela dit, tout le monde n’est pas en faveur dudit accord et dans les deux camps, du monde s’agite…

Constance comme Eugénie se retrouvent mêlées bien involontairement à cette histoire (quoique leur curiosité soit en grande partie responsable). J’ai apprécié l’enjeu du récit, les quelques rebondissements (quoique j’aurais peut-être aimé un effet plus « wahou » par moments) et la façon dont se tisse l’intrigue autour d’elles sans qu’elles ne s’en rendent compte.

Société secrète et enquête

La tante de Constance et Eugénie est autorisée à introniser la seconde auprès de la société secrète dont la mère des jumelles et elle-même font partie. Commence alors un jeu de piste où Eugénie essaie de comprendre le but de ladite société, et la mission qu’elle semble lui avoir attribuée… On s’amuse de suivre Eugénie dans ses pistes étonnantes et de la voir se planquer pour espionner, prête à tout pour intégrer la mystérieuse société.

Le lien des sœurs Saint-Clair

« En voyant sa sœur assise en tailleur dans sa chemise de nuit, ses cheveux remontés pour ne pas la gêner, les sourcils froncés par la concentration et ses incisives mordillant le bout de son crayon d’un air farouche, Eugénie eut la sensation de faire un bond de cinq ans en arrière et de retrouver la Constance qui l’avait accompagnée pêcher la truite dans l’étang défendu de leur père, qui avait étudié avec elle le manuel avancé de chimie qu’elles avaient volé avec qui elle avait monté son premier purificateur d’éther. Avant qu’elle se mette à répondre à tout bout de champ d’un air pincé « c’est inconvenant », « cela m’est égal » ou « non merci ». En bref, cette sœur qu’elle avait aimée par-dessus tout avant qu’elle devienne la barbante miniature de leur mère. »

Marie L. Morroch, Le destin des sœurs Saint-Clair

Bien que leurs chemins s’écartent et que chacune se retrouve empêtrée dans ses propres ennuis, Constance et Eugénie se soutiennent régulièrement et j’ai adoré la complicité qu’on voit entre elles. Leurs frasques respectives se font souvent avec l’aide, volontaire ou non, de l’autre. Je trouve que leur relation était intéressante mais j’ai peut-être manqué un poil d’émotion dans des moments qui auraient sûrement dû me faire un effet plus dramatique.

En conclusion

Le destin des sœurs Saint-Clair est un one shot réussi que j’ai pris plaisir à lire ! Si j’ai légèrement manqué de surprise ou d’émotion pour qu’il soit un coup de cœur, je ne doute néanmoins pas qu’il séduira de nombreuxses lecteurices !

Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

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