Hâte-toi quand la nuit vient de Marie Pavlenko
Merci aux éditions Flammarion Jeunesse pour l’envoi de ce roman.
Hello ! Aujourd’hui on se retrouve pour parler d’une dystopie caniculaire (très en phase avec la météo actuelle finalement) : Hâte-toi quand la nuit vient de Marie Pavlenko.
Dans une France du futur cramée par le réchauffement climatique, alors que les fascistes sont au pouvoir, Jane va vivre un retour au lycée décisif, différent des années précédentes. Hâte-toi quand la nuit vient est un roman engagé, définitivement politique et intéressant, à faire lire aux adolescent.es !
De mon côté, si j’ai apprécié cette lecture et son propos si bien illustré, je regrette un peu de ne pas avoir ressenti davantage d’émotions (j’avoue avoir été habituée à plus poignant de la part de l’autrice). En tout cas, Hâte-toi quand la nuit vient reste une très bonne lecture à lire sans hésiter pour les fans de dystopie, encore plus si vous appréciez qu’elles aient un aspect écologique !
Le résumé
Dans le monde Jane, l’eau se fait rare, la chaleur est étouffante et il n’y plus d’oiseaux. Dans ce monde, des fascistes sont ah pouvoir. Jane, elle, s’efforce de mener une vie ordinaire et rêve d’un ailleurs. L’arrivée de Romain au lycée va tout changer. Mais peut-on aimer quand on n’est pas libre, vivre, être heureux en fermant les yeux ? Jusqu’où supporter l’insupportable ? Et si aimer, c’était déjà résister ?
~ Retour sur cette lecture ~
Dystopie et écologie
Dans un univers quelque part entre 1984 et Quand le désert disparaitra, Marie Pavlenko nous décrit un futur glaçant où le racisme est de mise, où des policiers surveillent les lycéens et où la canicule permanente a détruit le pays en plus de faire mourir les gens de faim. Dans le présent de Jane, une boite de légumes en conserve est le quotidien est les aliments frais sont un luxe.
J’aime qu’à l’aspect totalitaire, l’autrice ait choisi de marier un futur plausible, lourd et écologiquement catastrophique où la canicule éternelle se mêle à l’égoïsme des hommes. Un futur qui ne fait pas rêver mais qui fait réfléchir, d’autant plus qu’on comprend qu’il est proche d’après les éléments qu’elle nous donne.
Le côté dystopie est oppressant et réussi, l’autrice posant le cadre avec des éléments qui donnent le ton. Par exemple, le lycée de l’héroïne a été rebaptisé « Lycée Jean-Marie Le Pen » et les professeurs d’histoire ont cessé d’enseigner la seconde guerre mondiale… Dans une excellente application du Show don’t tell, Marie Pavlenko nous montre le monde angoissant dans lequel ont grandi les héros du roman, un monde où Fatima n’est pas un prénom acceptable et où la fouille violente ou un coup de taser à un adolescent n’est pas un abus de pouvoir mais une norme.
Des allers retours dans le temps
Le roman s’ouvre au moyen âge, où une fillette nommée Jeanne s’apprête à assister à la mise à mort d’une sorcière sur un bûcher. Loin de l’ambiance du résumé ou de ma chronique n’est-ce pas ? D’une façon qui surprend au début, Marie Pavlenko croise le destin de Jane et Roman à ce qu’on peut interpréter comme d’autres versions d’eux à travers le temps. Ces scènes se multiplient tout au long du récit, à différentes époques, toujours avec un rôle d’amants maudits à qui elle fait vivre une fin atroce.
En plus d’offrir des pauses dans le récit prenant mais lourd de leur année de lycée, ces incursions dans le temps sont une façon de relativiser, montrant que le sexisme et les dangers auxquels fait face Jane sont transposables dans d’autres époques. On s’insurge du destin tragique des amants, et la tension monte alors qu’on se demande si Hâte-toi quand la nuit vient se terminera sur un nouveau drame.
Une héroïne qui s’indigne
Jane vit dans un foyer où l’amour maternel n’est qu’un lointain souvenir, où elle est perçue comme un poids en trop. Sa mère la maltraite, son frère l’ignore, son père est absent car travaillant à la pollinisation à la main dans des serres loin d’ici… Au lycée c’est un peu mieux, sa meilleure amie Blanche étant farouchement loyale bien qu’égocentrée.
J’ai aimé la façon dont l’autrice regroupe des personnages aux caractères et aux passifs très différents, mettant en relief les écarts de leurs éducations. Ils s’attachent les uns aux autres malgré ces différences et osent se révolter contre l’ordre établi, chacun à son échelle. Et on a de belles surprises alors que la tension monte au lycée…
En conclusion
Un roman à mettre entre les mains de celleux qui affirment que la littérature n’est pas politique. Hâte-toi quand la nuit vient nous projette dans un futur angoissant où le monde brûle, où les droits fondamentaux sont bafoués et où l’égoïsme et le rejet de l’autre est devenu un mode de fonctionnement banal…
Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?
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