Sortir de la nuit d’Hélène Dunbar
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Sortir de la nuit d’Hélène Dunbar

Merci à Page Turners pour l’envoi de ce roman.

Hello ! Aujourd’hui je vous retrouve pour la chronique d’un roman qui sort très à propos pendant le mois des fiertés : Sortir de la nuit d’Hélène Dunbar.

Cette plongée dans le New York des années 80, avec le sida qui cause de plus en plus de morts et l’homophobie très présente renforcée par la maladie, est indéniablement prenante. Sorties en boîte de nuit, vinyles de U2 et Madonna, Gay Pride : il y a aussi des moments de joie, et surtout un héros qui grandit et qui dépasse sa peur.

Si le roman n’est pas un coup de cœur, principalement car je ne suis pas attachée autant aux personnages que je l’aurais voulu, il remplit parfaitement son rôle éducatif et devrait être placé entre toutes les mains ne serait-ce que pour l’aspect « historique » (je le mets entre guillemets parce que ça reste de l’histoire récente) qu’il peut avoir.

Le résumé

New York. 1982. Entre son homosexualité, ses parents étroits d’esprit et la peur du sida, Michael se sent seul. Et même ses meilleurs amis James et Becky ne le comprennent pas toujours. Il n’y a qu’en dansant à l’Echo que Michael peut oublier ses soucis. Une nuit, il y rencontre le mystérieux Gabriel, qui lui plaît immédiatement. Mais dans le climat actuel, est-ce bien raisonnable de tomber amoureux ?

L’histoire touchante de trois amis qui, au début des années 1980, s’efforcent de tracer leur propre voie face à la peur de l’inconnu.

~ Retour sur cette lecture ~

Des fragments de vie

Sortir de la nuit est une compilation d’une somme de petits moments de la vie de Michael. La façon d’écrire d’Hélène Dunbar est déstabilisante : d’un paragraphe à l’autre, elle saute des jours, des semaines, des mois… Elle choisit de se centrer sur les moments clés, toutes les décisions, réflexions et conversations qui vont amener à la fin du roman, enchaînant les scènes et laissant des trous.

Je comprends et j’apprécie ce parti pris de l’autrice, même si parfois en passant d’une page à la suivante on en a pas sauté une par mégarde. De même, elle donne un très bon aperçu du quotidien de Michael à travers tous ces petits morceaux de vie, des soirées en boîte aux disputes de ses parents en passant par les heures qu’il passe pendu au téléphone.

La peine et la peur

En 1982 à New-York, le sida frappe la communauté gay et il n’existe pas encore de traitement pour empêcher le VIH (qui n’est pas encore identifié) de devenir sida. Autrement dit, les personnes infectées sont condamnées à mourir et en plus, on ne sait pas comment il se transmet.

On comprend donc aisément le climat de peur (peur d’attraper la maladie au contact de l’autre, peur de l’intimité avec des inconnus) et de peine, puisque beaucoup ont perdu des proches.

Malheureusement, je n’ai pas été aussi émue que je le pensais par Sortir de la nuit. La peur est bien présente, puisque Michael l’expérimente au quotidien et y pense beaucoup. Mais je m’attendais également à davantage de peine, à pleurer. Or, Michael ne connaît pas personnellement de personne malade et si c’est le cas de son meilleur ami James, on ne voit qu’un peu de compassion de Michael envers sa peine mais pas d’histoire qui nous prend aux tripes. On ne sait pas tout de suite ce qui provoque cette mélancolie constante chez James, Michael met un moment à comprendre. Cet aspect de l’histoire est aussi très dilué, n’apparaissant que de temps en temps entre les réflexions plus centrées sur Michael et sa vie.

La famille Bartolomeo

Michael est issu d’une famille chrétienne, avec un père homophobe au possible qui a d’ailleurs mis Connor, son aîné, à la porte lorsque celui-ci a fait son coming out. Entre un paternel colérique et une mère effacée, on comprend que Michael ne soit pas à l’aise à l’idée de suivre le chemin de son frère…

On ne peut que compatir avec Michael qui doit, dans ce climat hostile, décider de ce qu’il souhaite faire de sa vie. De plus, il continue à voir son frère tous les mercredis et ce dernier l’encourage à suivre sa voie, n’ajoutant que de la confusion.

L’évolution de Michael à travers cette année 1983 et ses décisions vis-à-vis de sa famille sont la force de ce roman, le rendant porteur d’un beau message d’espoir.

En conclusion

Sortir de la nuit est un roman important de par ses thèmes et son aspect documentaire, enrichi par deux postfaces très intéressantes. Si j’ai un peu manqué d’émotions dans ma lecture, ce n’en est pas moins un roman que je recommande par la culture qu’il peut apporter à ses lecteurs et qui en fait un indispensables pour les bibliothèques/médiathèques/CDI.

Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

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