Mon tout dernier Roméo de Kelly McCaughrain
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Mon tout dernier Roméo de Kelly McCaughrain

Merci aux éditions Casterman pour l’envoi de ce roman.

Hello ! Aujourd’hui on se retrouve pour la chronique d’un roman étonnant, une dystopie avec une touche de fantasy/SF : Mon tout dernier Roméo de Kelly McCaughrain.

Gros coup de cœur pour cette histoire qui part d’un système imaginaire (les gens naissent avec la date de leur mort tatouée sur corps) et en sort une critique sociale. J’ai été complètement happée par le récit, les nuances des personnages et leur cadre si étrange du récit.

Néanmoins, je dois préciser que je n’ai jamais lu Et ils meurent tous les deux à la fin (et les autres romans du même univers) d’Adam Silvera et je sais que le concept s’en rapproche, je pense donc que cette information est à prendre en compte dans la lecture que vous aurez de mon avis détaillé (puisque plusieurs éléments de Mon tout dernier Roméo qui m’ont paru originaux le seront peut-être moins à vos yeux si vous les avez lus).

En tout cas si vous aimez les univers dystopiques proches de notre réalité, la critique du capitalisme (ça fait toujours plaiz) et les romans qui font réfléchir alors lancez-vous dans Mon tout dernier Roméo !

Le résumé

Il a un destin : mourir dans une semaine. Elle a un contrat : lui faire vivre le grand amour.

Dans un monde où chacun connaît la date de sa mort, Regan est « Juliette » pour un complexe de luxe, chargée d’offrir l’illusion du grand amour à de riches garçons en fin de vie, sans jamais s’attacher. Jusqu’à l’arrivée de Jude, le fils brillant de célèbres chercheurs sur les Dates de Mort, qui voit très vite clair dans son jeu. Entre leur rencontre catastrophique et leurs tempéraments opposés, simuler la romance parfaite s’annonce plus difficile que prévu.

Pourtant, quand de réels sentiments se mêlent à leur accord, Regan doit choisir : respecter les règles de son contrat, ou défier le destin aux côtés de Jude, avant que sa Date de Mort ne les rattrape.

~ Retour sur cette lecture ~

Le travail de “Juliette”

Regan doit séduire des jeunes hommes en fin de vie, pour qu’ils vivent un dernier grand amour, le tout en vivant dans une station dédiée à la fin de vie où les gens réalisent leurs derniers rêves avant de mourir. Un cadre cyniquement paradisiaque où faire du tir à l’arc, du saut à l’élastique ou se détendre au spa avant de se faire euthanasier la veille de sa date de mort.

Le capitalisme même dans la gestion de la mort… Et au détriment des travailleurs de ladite station qui vivent dans d’anciens bungalows absolument pas faits pour être habités à l’année, dans une “staff town” délabrée aux allures de prison à ciel ouvert.

Avec cela, on comprend que Re soit en colère. En colère contre sa mère, qui a sombré dans l’alcoolisme à force de vivre ainsi. Contre les clients de la station et leur richesse indécente qui achètent l’amour comme d’autres achètent un sac à main. Et évidemment contre Jude, son nouveau client, qui incarné tout ce qu’elle hait.

La photographie pour dénoncer

Re n’a pas une très haute opinion d’elle-même. Elle sait qu’elle est une bonne actrice, et une bonne Juliette, mais ce travail est aussi une façon de fuir la terrible réalité de staff town, de sa relation avec sa mère, de devoir travailler pour pallier aux licenciements à répétition de cette dernière.

On comprend vite néanmoins que Re aime la photo. Elle s’intéresse au travail d’une photographe en particulier, prend souvent ses propres clichés, a étudié la théorie comme elle le pouvait…

Il est évident dès le début que cette information prendra une grande place dans le roman. J’ai adoré voir l’abandon et le délabrement à travers son œil, sa réflexion sur la station et leur métier qu’elle exerce pour vivre…

La pression de connaître sa date

Dans un monde où chacun connaît sa date de mort, la connaissance peut vite devenir un fardeau. A travers les différents personnages, l’autrice nous montre plein de vision de ce que représente leur date pour chacun d’eux : la perspective d’être coincé.e à staff town pour un paquet d’années, la pression de réaliser ses rêves en peu de temps, le désespoir de ne pas pouvoir créer des choses sur le long terme…

Kelly McCaughrain nous interroge : que ferions-nous si nous connaissions le temps qu’il nous reste à vivre ? Vivre chaque jour comme si c’était le dernier, est-ce une vie de rêves ou une façon de faire du surplace ?

Sans compter l’espoir, celui dans lequel les Daly ont investi des millions : peut-on dépasser la date ? Comment ? Car savoir dès sa naissance que son enfant aura une vie brève est un calvaire, et on comprend les Daly dans leur tentative désespérée de trouver une solution pour Jude…

En conclusion

Un excellent one shot dystopique dont j’ai adoré la réflexion. Mon tout dernier Roméo ravira les amateurices de romans mêlant romance, contemporain et dystopie !

Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

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