The Mortal Engines : chronique d’un échec cinématographique
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The Mortal Engines : chronique d’un échec cinématographique

Avec une recette de 42 millions de dollars au niveau mondial, The Mortal Engines est très loin du succès espéré. Les ingrédients étaient pourtant là : adaptation d’un roman Young Adult, effets spéciaux à profusion et même intervention de Peter Jackson (le Seigneur des Anneaux). Alors pourquoi cet échec ? Je suis allée voir le film pour comprendre.

Premier écueil : l’adaptation du roman

Je n’ai pas lu (honte à moi !) le livre dont est tiré ce film. Il s’agit de Mécaniques Fatales, le premier d’une série de quatre tomes écrits par Philip Reeves aux éditions Gallimard.

Cependant il semble évident même sans avoir lu le roman que The Mortal Engines tombe dans les pièges classiques de l’adaptation cinématographie d’un livre. Parmi ces pièges, on retrouve l’envie de concentrer l’action à défaut de détailler l’histoire ainsi que le vieillissement des personnages très courant lors du passage à l’écran de la littérature Young Adult.

Ce gars a 15 ans…

Deuxième écueil : l’action trop présente

On sent sans conteste les influences à la Mad Max dans The Mortal Engines. Avec l’intention évidente d’entraîner le spectateur dès les premières minutes, on débute sur un concentré d’actions… qui ne s’arrête pas. Très peu de temps morts, aucun moment pour s’approprier le monde particulier dans lequel se déroule l’histoire. On enchaîne les courses poursuites sans pauses, ce qui petit à petit crée un rythme. Au final, la bataille finale qui avait visiblement pour objectif d’être la plus spectaculaire est noyée au milieu des autres.

On ressort de la séance avec cet arrière-goût amer que laisse un film mal conclu, sans véritable fin. Et au vu du « succès » rencontré, on peut oublier l’idée de produire une suite…

Troisième écueil : manque d’ancrage

Vous êtes-vous sentis dépassés lorsque vous avez regardé Hunger Games ? Complètement perdu au milieu de la Terre du Milieu ? La réponse est non. Tous simplement parce qu’une bonne histoire fantasy offre au spectateur des éléments lui permettant de se repérer. Inventer uniquement des nouveaux noms aux consonances étranges, ne plus appeler un arbre par son nom… Autant de façons de perdre son public.

Si Mortal Engines accepte de se plier à certaines de ces règles en donnant par exemple des noms prononçables à ses personnages, il s’agit de sa seule concession. La ville de Londres en est un parfait exemple. On retrouve St Paul et le British Museum mais le spectateur n’a pas vraiment le temps de les reconnaître tant les plans sont courts. Au final, la ville pourrait tout aussi bien être Paris ou Madrid…

Quatrième écueil : les clichés

Comme évoqué précédemment, The Mortal Engines compose avec tous les clichés du Young Adult. Seulement, il ne fait pas partie de ces films qui les assument ou tentent d’en sortir.

On a bien sûr les deux héros, jeunes (enfin moins que dans le livre) qui vont sauver le monde. Le méchant psychopathe est là aussi. Il a une fille naïve qui lui fait confiance. Même le zombie est là. Un cocktail de tout ce qu’on peut trouver d’insupportablement prévisible, avec au sommet le « je suis ton père » en clin d’œil beauf, lourd, inutile et mal amené. Alors qu’on voit clairement que la scène est censée être sérieuse avec une véritable tension des protagonistes, j’ai réussi à prendre un fou rire. C’est vous dire la tension…

Bref, trop de clichés mal utilisés tout ça pour conclure (mal) sur un traditionnel happily ever after.

Retour un peu plus détaillé sur l’héroïne

Je ne peux pas parler des clichés dans aborder plus en détail le cas de l’héroïne de The Mortal Engines. Esther Shaw est pour le coup hors de cause. C’est en effet une fille badass qui ne vit que pour sa vengeance, mais le cliché s’arrête là pour elle.

Déjà, on est loin des canons de beauté à la Jennifer Lawrence. Même si la cicatrice est plus petite que celle décrite dans le livre, Esther est bien marquée. Elle commence par faire les poches de son allié alors qu’il est inconscient et hésite plusieurs fois à l’abandonner. Sans compter son passé (peut-être la partie la plus claire de l’histoire) qui est assez original. On peut donc dire que si The Mortal Engines tombe dans le cliché, ce n’est pas le cas de son héroïne qui mérite davantage de reconnaissance.

Cinquième écueil : Manque d’explications

Qui sont les Anciens ? C’est quoi la guerre des 60 secondes ? Pourquoi les habitants de Londres sont répartis selon des ponts ? Quel est le rôle de Bevis Pod ? C’est quoi exactement un Stalker ?

Autant de questions auxquelles je n’ai pas de réponse, et pourtant j’ai vu le film. Malheureusement on se contente ici de poser un décor à l’action sans pour autant l’expliquer. Les temps de pauses amenés par de potentielles explications auraient pourtant mieux desservi l’action…

Sixième écueil : Intrigues secondaires non résolues

Ce point rejoint le précédent : encore une fois il manque des explications.

Une intrigue intéressante dans ce film est celle de l’évolution de Katherine Valentine, la fille du méchant. Appuyée par Bevis Pod, elle commence à douter de son père et se met en tête de déjouer ses plans. On aimerait en savoir plus sur cette jeune femme, mais on se contentera de ses six minutes de gloire à la fin.

Deuxième intrigue secondaire : la ligue anti-tractionniste. Une bande de pilotes badass dont on ne sait rien. Il y aurait probablement plein de choses à dire sur leur combat ou leurs motivations, mais on devra ici se contenter de les voir se battre et défendre l’héroïne. Le pire ? On comprend que la mort de certains d’entre eux est censée être émouvante mais comment les pleurer quand on ne les connaît pas ? Dommage pour le tragique.

Ensuite, il y a le personnage d’Anna Fang. Pas assez creusé. Elle connaît Pandora Shaw et a cherché sa fille longtemps. Elle lutte contre les villes mobiles. Elle se bat super bien. Point.

En bref, tout ce qui est entamé est laissé en suspens car il n’y a que l’intrigue principale qui compte. La seule histoire secondaire bien menée est celle de Strike, mais ça ne suffit malheureusement pas.

Un bilan mitigé

Malgré les échecs cités précédement, on peut tout de même louer les effets spéciaux et panoramas surréalistes que nous offre The Mortal Engines. L’univers Steampunk est bien monté, les villes impressionnantes et les différents vaisseaux fascinants. On peut donc dire que sans être le blockbuster attendu, The Mortal Engines reste un film avec une belle image et des scènes épiques qui se laisse regarder.

Vous avez vu ce film ? Quel est votre avis ? Venez en parler en commentaires !

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