Sel de Nina Lan
Merci aux éditions Didier Jeunesse pour l’envoi de ce roman.
Hello ! Aujourd’hui on se retrouve pour la chronique d’une histoire d’injustice et de rébellion inspiré par la gabelle : Sel de Nina Lan.
J’avais apprécié la Tisseuse de vents, la précédente fantasy de l’autrice, mais laissez-moi vous dire que Sel est un niveau au dessus ! Plus complexe, plus surprenants, plus émouvant… J’ai adoré cette lecture à la fois entraînante et juste et si vous aimez la fantasy ado, je ne peux que vous encourager à vous plonger dedans à votre tour !
Puisqu’on a parfois le droit d’être superficiels, je propose une minute d’appréciation pour la sublime couverture illustrée par Laure Ngo (qui avait déjà fait celle de la Tisseuse de vents) et qui est cette fois-ci prolongée avec un jaspage… Un livre objet que je trouve particulièrement beau et ma couverture préférée de 2026 à ce jour !
Le résumé
En Maurane, seul le peuple nomade des Mouvants a la capacité de récolter le Sel de l’été, qui alimente le royaume en magie. Nami attend l’Appel qui la fera succéder à sa grand-mère pour diriger son clan vers les Salières. Mais quand les glyphes tant attendus apparaissent enfin sur son corps, elles ont la couleur du sang et rivalisent avec celles de sa cousine. Est-elle maudite ? Pour couronner le tout, Nami découvre à son retour en Maurane que le Royaume n’a plus rien à voir avec ses souvenirs d’enfance. Une Dauphine qui ferme les yeux sur la souffrance de son peuple, une rébellion violemment réprimée, des vols de sel dont les Mouvants sont suspectés… La magie du Sel déchire le peuple et fracture l’équilibre du royaume. Quels secrets Nami sera-t-elle prête à faire voler en éclats pour innocenter son peuple et rétablir la paix ?
~ Retour sur cette lecture ~
Les Mouvantes, un peuple itinérant
A travers Nami, l’héroïne de Sel et l’un des quatre points de vue du roman, on découvre le peuple nomade des Mouvants. Ils se déplacent de récolte en récolte, du sel à la lavande et au safran. Son peuple est essentiel à la récolte du sel magique grâce auquel tourne le magistère, mais leur liberté leur est enviée. Et quand le sel est volé, ils sont les premiers pointés du doigt…
J’ai aimé le propos sur les minorités et la réflexion de que l’autrice propose à ses lecteurices autour de la stimagmatisation. Entre ça et plusieurs découvertes que l’on fait en lisant le roman, ce sujet est vraiment traité de façon intéressante et bienveillante !
L’opposition entre la garde et le peuple
Nami a deux amis d’enfants, Calist et Elian, qui ont pris des voies opposées. Alors qu’Élian alterne entre tenir la boutique de son père et et des piges à la récolte du Sel pour compléter son salaire, il critique ouvertement l’état. De son côté, Calist, qui est orpheline, s’est engagée dans la garde où on lui a donné une chance d’être respectée et d’avoir un salaire ainsi qu’un toit au-dessus de sa tête. Les relations entre les deux sont déjà tendues lorsque Nami arrive et empirent alors que la Saison est de multiples fois bouleversé…
J’ai aimé la nuance que met Nina Lan dans ses personnages, démontrant que tout n’est jamais tout noir ou tout blanc et que les deux camps opposés peuvent avoir raison, chacun à leur façon. Nami, qui est entre les deux, bénéficie d’ailleurs de ces deux visions de Perlevent qui l’aideront parfois dans les difficiles décisions qu’elle doit prendre.
Nino, le point de vue externe
J’ai eu la chance d’assister à une rencontre avec Nina Lan autour de Sel et elle expliquait avoir ajouté Nino assez tard dans son processus d’écriture, mais avoir eu besoin de ce personnage pour apporter un œil externe sur ce que vivent Elian, Nami et Calist. (D’où le clin d’œil avec son propre prénom au masculin, comme une prolongation de son point de vue d’autrice).
Je dois dire que je salue cette idée : les chapitres de Nino rythment le récit, permettent d’expliquer sans larguer d’un seul coup une grande quantité d’informations comment marche l’impôt sur le Sel et nous donnent un aperçu de l’évolution de l’avis des habitants de Perlevent. Un choix pertinent !
En conclusion
Un très bon one shot de fantasy young adult, avec un world-building qui réussit à être à la fois familier et original et un propos politique construit. A mettre dans les CDIs des collèges/lycées (et dans votre pile à lire si cette chronique vous en a donné l’envie !).
Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?
Vous aimerez aussi
La nuit des treize plumes d’Isabelle Pandazopoulos
15 août 2025
Seven deadly thorns d’Amber Hamilton
19 décembre 2025