Minuit au bal des victimes de Charlotte Stéphan Boëssé
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Minuit au bal des victimes de Charlotte Stéphan Boëssé

Merci aux éditions Solleyre pour l’envoi de ce roman.

Hello ! Aujourd’hui on se retrouve pour la chronique d’un roman qui vous fera voyager dans le temps, en 1796 : Minuit au bal des victimes de Charlotte Stéphan Boëssé.

Si vous aimez les romans avec un vrai apport historique, s’additionnant à une fiction qui s’y mêle avec beaucoup de finesse, alors je ne peux que vous recommander Minuit au bal des victimes. L’histoire est intéressante, l’héroïne profondément humaine et la plume soutenue.

De mon côté je n’ai pas accroché autant que je l’espérais mais c’est purement subjectif (la plume est soignée mais ne m’a pas emportée) et ça ne m’empêche pas de voir les qualités évidentes du récit, que je soulignerai dans la suite de cette chronique.

Le résumé

Timide et réservée, Daphné consacre tout son temps à l’étude de son peintre favori, Valentin de Blois. Lorsqu’un soir, en pleine séance de révision au musée, la jeune femme se retrouve aspirée dans l’un des tableaux, tout son monde bascule. Elle atterrit en 1796 et découvre que l’artiste qu’elle admire tant est en réalité une femme, Valentine Desmarais, obligée de se travestir pour avoir accès à la reconnaissance de ses pairs dans une société qui tient les femmes à l’écart. Si, au départ, Daphné fait tout son possible pour retourner à son époque, elle s’attache bien vite à Valentine, et s’implique de plus en plus dans son combat d’artiste, déterminée à ce qu’elle passe à la postérité en tant que femme. C’est au cœur d’une période instable, où amour et trahison se confondent, que Daphné et Valentine vont, ensemble, tenter de changer le cours de l’Histoire… sans jamais soupçonner le prix qu’elles devront payer.

~ Retour sur cette lecture ~

Le féminisme en 1796

Le choc culturel lors de son arrivée pour 1796 est violent pour Daphné, qui vient de notre époque. Elle découvre une période instable politiquement et socialement, où les droits des femmes sont constamment en danger. Elle qui est habituée à nos droits actuels peine parfois à savoir comment réagir, se fait remarquer sans le vouloir.

J’ai aimé la superposition entre notre époque et celle de Valentine que propose l’autrice à travers le regard de Daphné. C’est un crève-cœur d’assister à certaines scènes alors que Valentine, travestie en Valentin, doit discuter avec d’affreux mécènes misogynes qui lui soutiennent que les femmes n’ont pas leur place dans l’art…

Le travail sur le personnage de Daphné est aussi à saluer : elle passe par plusieurs états (le stress et l’angoisse, la joie, la curiosité) et s’éloigne des clichés de l’héroïne badass pour nous proposer une justesse et une fragilité appréciables. Entre elle et les autres personnages féminins, tous intéressants et pleins de reliefs, la lecture est pleine de surprises !

Une leçon d’histoire

En tant qu’aspirante conservatrice de musée, Daphné est calée en histoire. Heureusement pour elle d’ailleurs, car cela la sauve parfois étant donné qu’elle a atterri dans une période terriblement trouble et sanglante. J’ai aimé la façon dont l’autrice glisse des faits historiques réels et nous offre une leçon d’histoire sans y paraître. Un roman particulièrement intéressant à lire sur ce sujet ! Quant au fameux « bal des victimes » mentionné dans le titre, je ne savais même pas que ça avait existé et j’ai été aussi surprise que Daphné alors qu’elle découvre en quoi consiste véritablement le bal auquel elle a été invitée aux côtés de Valentin…

En revanche, je reste un peu sur ma faim sur l’histoire de la peinture (peut-être parce que je suis moins larguée qu’en histoire ?) où j’aurais aimé plus d’analyses d’œuvres ou de description des techniques de l’époque.

Bravo les lesbiennes

Slow burn et lesbiennes, évidemment que je suis à fond ! La romance prend son temps alors que Daphné et Valentine apprennent à se connaître et si la curiosité de l’une envers l’autre est immédiate, les sentiments sonnent juste.

Je ne me suis pas autant attachée à elles (tant Daphné que Valentine) que ce que j’aurai voulu, Daphné car je n’ai pas forcément accroché à sa personnalité (même si elle est très bien construite et intéressante !) et Valentine car j’ai eu du mal avec son côté instable, mais encore une fois c’est subjectif et j’ai en revanche beaucoup aimé la romance entre elles ! Les derniers chapitres en particulier m’ont beaucoup touchée, avec une fin très belle que je trouve parfaite pour clore cette histoire, tout en finesse avec un brin de magie.

En conclusion

Une lecture sympathique avec son lot de rebondissements et surtout, un aspect historique soigné. Minuit au bal des Victime vous plaira si vous aimez l’histoire de l’art, les romances slow burn et les héroïnes réalistes qui se révèlent plus courageuses qu’elles-mêmes ne l’auraient cru !

Vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

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